FOR, FARI, FATUM

17 juin 2017  > 17 septembre 2017 Exposition

Au cœur des vestiges de la grande église abbatiale de Cluny, la chapelle Saint-Martial, non restaurée, est l'écrin brut de l’installation d’Anne Poivilliers.

     

La chapelle Saint-Martial illustre le temps de la destruction et, à la fois, le temps figé des vestiges qui sont parvenus jusqu’à nous.

La légèreté de l’œuvre et l’intensité du mouvement entraîne le regard dans l’univers minéral de l’église abbatiale, posant ainsi l’interrogation proposée par l’artiste sur le processus d’oubli…

Une installation d’art contemporain

L’installation témoigne de la mémoire ultime, figée dans un moment d’équilibre: le moment où toutes les cicatrices accumulées réapparaissent, se télescopent et s’unifient.
Elle interroge sur le processus impossible de l'oubli, sur l’irréversibilité des traces.
L’accumulation de courbes détermine une unité compacte, l'encombrement emprisonne le regard, compresse l’espace.
   

  

L’artiste utilise comme matériaux le papier calque. Le papier est par essence le support de la mémoire, de la transmission, de la trace. C'est le support de la transmission linéaire, de la chaîne, reprise retranscrite... des copistes à l’imprimerie, elle s’écoule dans une transmission à peu près stable. Au fil des relectures et réinterprétations, l’information perdure.

Mais la trace n’est pas que dans l’écrit, elle est aussi instable, volatile, de temps en temps présente, puissante dans l’évidence, dans le calme, mais parfois complètement souterraine, en deçà de toute perception.

Alors l’installation, pour faire émerger l’imaginaire enfoui, doit répondre au lieu et à l’instant, elle n’a de sens qu’en miroir, pour rechercher une trace.
   

  

Le papier est utilisé pour son aspect diaphane, sa légèreté, sa simplicité et bien sûr pour sa référence au tracé. Il n’est plus le support de la mémoire, il indique juste la trace d’un passage, l'empreinte d’un instant, le moment flottant où le calque vibre comme une membrane.
L'installation est constituée de filaments de calque pliés en courbes, la courbure engendre un volume. Ces filaments sont assemblés pour créer un volume qui semble être en suspension dans l'espace. Il n'y a pas de structure porteuse qui rigidifie l'ensemble.

La plasticienne et son parcours

Anne Poivilliers est née à Paris. Parallèlement à des études de médecine, elle suit une formation de gravure sur cuivre et sur bois. Puis elle obtient un diplôme d'architecte d’intérieur designer. Après avoir travaillé pendant sept ans dans une entreprise de design mobilier, elle crée en 2001 sa propre agence de design.

Ses projets, vont de la scénographie d'espaces à l'image numérique, en explorant à chaque fois l'implication de sa création dans l'espace social.
Le contexte humain, économique et culturel fait dès lors partie intégrante de la conception et de l'aboutissement du projet. Il ouvre par là même le champ à une émotion esthétique à chaque fois différente.

Son expérience plastique de l'architecture et du design, alliée à l’utilisation des technologies numériques de l'image qui l’ont toujours fascinée, l'entraînent vers la création artistique, et principalement vers des installations en extérieur.

Ses installations sont le plus souvent créées sur un monument du patrimoine, en amenant le spectateur à le voir d’une nouvelle manière, en bousculant sa perception habituelle pour le découvrir sous un angle plus original, capable d’en faire ressortir des dimensions latentes, cachées et parfois mystérieuses.

Retrouvez toutes les réalisations de l’artiste sur son blog : www.declindeclat.com